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Borgo Di Fora

Borgo Di Fora

Plan du Borgo di fora

Plan du Borgo di fora

Place porta La Casalonga

Place porta La Casalonga
Le Borgo di Fora date du 17ème siècle et fut le premier quartier édifié en dehors des remparts de la cité fortifiée de Sartène. Il est ainsi son espace réciproque aussi bien en envisageant la chronologie de l’histoire que le tracé de la procession du Catenacciu. Place Porta, la Casalonga (la maison longue) campe l’univers  de ce quartier et abrite une des parties les plus intimes et secrètes qui existe à Sartène : la rue des voûtes que vous découvrirez par la suite. Mais, la Casalonga rappelle aussi une célèbre vendetta qui inspira Prosper  Merimée dans son oeuvre Colomba. Par le flanc de son casernement qui profile une épaule large et sûre, elle est la seule perspective qui s’annonce après la longue remontée de la Rue Ste Anna comme pour  marquer les sanglants événements de 1830 qui virent les partisans du camp royaliste du quartier Ste Anna attaquer et tuer une garde nationale du Borgo di Fora d’appartenance bonapartiste. Dès lors, on raconte que  le vieux curé Pietri qui avait perdu son neveu dans l’embuscade, demeura cloitré les volets clos plus de 10 ans dans la Casalonga, et en symbole de son deuil fit peindre sa façade en noir. Ce n’est que lorsqu’il  apprit que l’assassin de son regretté neveux fut à son tour tué, qu’il apparut à sa fenêtre pour faire éclater sa joie.

Rue capitaine Benedetti

Rue capitaine Benedetti
C’est à travers le Borgo di Fora que le Catenacciu entame la véritable montée vers le calvaire. Le pénitent se recueillera puis à nouveau chutera devant deux figures du grand martyrologue chrétien : Saint Sébastien  à qui est dédié la petite chapelle de confrérie que vous êtes sur le point de découvrir, et sainte Lucie qui  connaissait elle aussi l’emplacement d’un oratoire à proximité de l’ancien couvent Saint François. Mais avant cela revenons à l’âme de ce quartier. Il n’y a pas si longtemps encore dans les années 1950, une barrière en permanance protégée par de jeunes garnements, empêchait quiconque qui n’habitait pas ce quartier d’y  pénétrer sans laisser-passer. A cette époque, on ne se réclamait pas de Sartène, mais d’un quartier et les  habitants vivaient entre eux à travers un large système d’entraide et ne comptant que sur les propres  ressources de leur quartier. Un peu plus haut de la rue du Capitaine Benedetti, se trouve la Cantinetta où les hommes venaient se retrouver après leurs journées de travail aux champs. La Cantinetta veut péréniser le  souvenir de ces temps anciens où la culture de la vigne apportait le pain quotidien à tout un chacun. Elle  figure parmi les quelques caves que l’on trouve encore à Sartène et où l’on peut déguster en toute  convivialité et autour d’une belle assiette de charcuterie, les grands crus de Sartène : La Cave sartenaise  dans les sous-sols du palais du lieutenant génois, la cave du Domaine San Mighele aux pieds du chaos  rocheux de la cité fortifiée.

Chapelle Saint-Sebastien

Chapelle Saint-Sebastien
A partir de la chapelle Saint Sébastien, vous vous situez dans le périmètre d’origine du Borgo di Fora, qui s’épanouit à travers la construction de demeures de belle facture dans les années 1620, à la période où semble grandement écarté le péril turc. Mais, le souvenir des razzias barbaresques est toujours présent en ce début de 17ème siècle. Et, il n’est pas étonnant que les peintres de l’Ecole Corse, qui date de cette époque, s’en inspirent dans les scènes de martyrs qu’ils évoquent dans leurs tableaux. Dans l’Eglise Saint Silvestro de Perelli d’Alesani, les flèches, qui représentant pour les anciens les figures de la peste, transpercent Saint Sébastien (en réalité tué à Rome en 288), sont envoyées par les impies bourreaux aux allures turques ou mauresques. A Sartène, la chapelle attachée à Saint Sébastien présente le spectre de la mort avant même que n’échue l’ultime station du chemin de croix : elle comporte la statue de la Vierge-Marie drapée dans la douleur de son deuil, face au Christ gisant dans son cercueil que huit pénitents noirs, symbolisant les juifs, ont déposé devant l’autel de l’édifice.

Rue et maison Valere Deperetti

Rue et maison Valere Deperetti
Dans le Borgo di Fora, les blasons des nobles demeures ont succédé aux armoiries de la communauté de Sartène, qui ont été composées au début du 16ème siècle et figurent au-dessus de la grande Loggia marquant l’entrée de la vieille cité fortifiée. Le symbole des saintes mains protectrices l’index pointé en l’air et semblant indiquer le danger, a été remplacé par l’insigne de la balance de justice qu’était censé incarner et dispenser les grandes familles de « sgios » ou de seigneurs. De même les emblèmes de la Corse et de la force militaire représentés par les mouflons agrippés à la tour ou au castrum du moyen-âge, ont disparu au profit des figures de l’aigle aux ailes déployées et du Lion qui incarnent la puissance. Enfin, la couronne placée au-dessus du médaillon de la vieille cité (en guise de représentation du vice roi de Corse feudataire et vassal du Roi d’Aragon) a connu le substitut plus discret de la colombe et de l’olivier qui évoquent la paix. Alors qu’un certain nombre de familles nobiliaires se réclament de la création de Sartène, d’autres comme les De Peretti dont on aperçoit ici l’imposante maison, font valoir qu’ils sont les descendants des feudataires qui ont participé aux campagnes de Charlemagnes. Mais, la plupart de ces familles ne seront anoblies qu’à partir de la fin du 18ème siècle par la toute nouvelle puissance monarchique française qui succède à Gênes dans sa prise d’intérêt pour la Corse, ainsi que par le Premier et le Second Empires. Auparavant, Gênes ne s’était contenté de créer pour elles que des titres de vassaux : les « Benimeriti » (ceux qui ont bien mérité), les « Benserviti » (ceux qui ont bien servi).

Rue antoine Croce

Rue antoine Croce
Par la rue Antoine Croce, défile un long couloir qui se faufile entre les hautes parois des habitations peintes couleur rose sable. Il fait penser à la casbah si on ne se donnait pas la peine de remarquer les pieds inclinés taillés dans la pierre qui caractérisent les maisons fortes. Et si l’on ne se donnait pas la peine de penser que les fa-çades crépis à l’origine dans des couleurs criardes car provenant de pigments naturels, étaient l’une des manières que privilégiaient les seigneurs pour exposer leurs signes extérieurs de richesse. Sur l’une des parois de gauche, vous pouvez remarquez un linteau qui date de 1631 et sur lequel est inscrit « Santo Verpuno ». Il semble que pendant longtemps cette ancestrale habitation ait abrité un ancien oratoire consacré à la vierge Sainte Lucie. C’est ici que chute une dernière fois le Catenacciu et comme le relève le fort dénivelé de cette rue, c’est ici qu’il se rend vers la descente aux enfers. Sainte Lucie aurait été comme cette Sainte Laurina d’Aléria suppliciée par des turcs sur une huile sur toile de Giacomo Grandi ( un peintre de l’Ecole Corse du 17ème siècle). Sainte Lucie est vénérée à Sartène et dans les environs pour les vertus de guérison des maux d’yeux qu’on lui prête. Sainte Lucie, vierge de syracuse, fut torturée en 304 sous Dioclétien. Dans le récit de son martyre, il est dit que la sainte s’arracha elle-même les yeux pour les faire porter à son fiancé, qui l’avait dénoncée comme chrétienne.

Rue antoine Croce - La place du four

Rue antoine Croce - La place du four
Dans la culture corse, et à travers les rites magico-religieux, les yeux tiennent une très grande place. Sur cette place commune, dite du four, les habitants du quartier se sont toujours plu à se réunir, notamment quand les femmes au-trefois confectionnaient le pain pour la semaine, ou pour célébrer de tous temps des réjouissances. Toutefois, il ne faut pas croire que le cadre authentique de cette petite place organisée autour de son four public, fut toujours idyllique . En surplomb du four, il y a une maison avec une petite voute qui fait figure de porte. Elle introduit à un pallier rustique-ment construit sur un plancher en bois. Taillée comme une fine brèche dans la pierre, elle fait également songer à la serrure d’une habitation où serait tenté de se glisser par bonne ou mauvaise curiosité un oeil. Un oeil qui pourrait bien être celui de l’envie qui régit parfois les endroits où règne trop de promiscuité. Un oeil qui pourrait bien être celui du mépris dirigé contre ceux qui ont construit cette maison par « dispettu » ; ce qui veut dire pour ennuyer les voisins. Il existe en Corse, une femme qui guérit le mauvais oeil. Cette sorte de magicienne s’appelle la signatora et applique son savoir faire aussi bien sur les hommes que sur les bêtes, grâce à une recette transmise de mère en fille au soir de la noël. La signatora d’un côté, Sainte Lucie de l’autre, nous entraînent plus concrètement à aller voir l’univers intime et secret de la rue des voûtes.

La rue des voutes

La rue des voutes
Vous franchissez l’entrée de la Casalonga, dont la grande façade longue couvre toute l’étendue de la rue des voûtes. Elle est reliée par des arcades à d’autres habitations venant compléter sur la rive opposée le puzzle de solidarité d’un quartier intime et hospitalier. Il semble clair qu’ici les voûtes recouvraient plusieurs fonctions : tour à tour, portes et plafonds pour monter à l’air libre des escaliers qui ont grandi les habitation pour répondre aux besoisn des populations restées irrémédiablement fidèles à ce quartier. Car ici bien plus que de Sartène, on était avant tout du Borgo di Fora. A la saint Jean par exemple, on rivalisait avec d’autres quartiers pour avoir le mât le plus haut et le plus flamboyant. On se faisait également compères et commères ce jour là : une sorte de baptême de feu, de pacte de solidarité qui scelle pour la vie entière deux adolescents garçons ou filles ou fille et garçon. A l’entrée de la rue des voûte, on croit voir des grandes caves à vin qui en réalité étaient des entrepôts pour les outils pouvant aussi bien servir pour la culture de la vigne, les travaux des champs ou l’élevage des brebis et des chèvres. A tour de rôle, les gens se rendaient service en allant secourir les voisins et toutes ces occasions donnaient lieu à des réjouissance, comme à la fin des vendanges la fête de la Saint Damien qui était à la fois une foire de bestiaux et de brocante, où chacun apportait son tonneau de vin nouveau. FIN DE LA VISITE DE SARTENE. Revenez sur vos pas pour rejoindre la Place Porta.